Très chère électricité

mardi 7 septembre 2010
par  Frédéric Dayan

La loi Nome, en ouvrant à la concurrence le marché
de l’électricité, devrait entraîner de très fortes hausses des
tarifs. Des syndicalistes tirent la sonnette d’alarme.

Un article de Cyrielle Blaire publié dans le mensuel aux syndiqués CGT Ensemble ! de septembre 2010.

Jusqu’ici la France, grâce à son
parc nucléaire, proposait une
électricité 30 % moins chère
que dans le reste de l’Europe. Mais
cette exception française est sans
doute révolue. La loi pour la Nouvelle
organisation du marché de l’électricité
(Nome), adoptée en juin par
l’Assemblée et qui sera examinée miseptembre
au Sénat, va obliger EDF à
céder, au nom de la libre concurrence,
un quart de sa production nucléaire à
prix coûtant à d’autres fournisseurs.
Ces entreprises privées pourront ensuite
la revendre à un prix bien plus
élevé que le tarif actuel. GDF Suez,
Poweo et Direct Energie peuvent enfin
se frotter les mains… Mais comment
en est-on arrivé à un tel scénario
catastrophe pour le consommateur ?
Bruxelles cherche depuis longtemps
à mettre en place un marché européen
de l’électricité. Mais pour cela,
il lui faut en finir avec les tarifs réglementés
français. La Commission
européenne a donc menacé la France
de sanctions pour « aide illégale »aux entreprises. Le gouvernement
a aussitôt cédé. La loi Nome devrait
accélérer la mise en concurrence et
préparer l’homogénéisation – par le
haut – des prix européens. En commençant
par forcer EDF à céder une partie de sa rente nucléaire aux appétits
du privé. « C’est un véritable
hold-up ! La France a investi dans
une industrie nucléaire pour permettre
son indépendance énergétique.
Ce parc, qui appartient à EDF, a été
financé par la facture des usagers »,
rappelle Marie-Claire Cailleteaud,
de la fédération CGT mines-énergie.
Les fournisseurs privés pourront à
l’avenir vendre l’énergie française à
l’étranger, créant sur notre sol une
pénurie. « On s’attend à une forte
hausse pour les particuliers comme
pour les entreprises alors qu’on est en
période de crise »,
se désole Arnaud
Faucond, de l’association de consommateurs
Indecosa-CGT. L’exemple
des grandes pannes en Californie
après la privatisation du secteur est
révélateur. En 2000 et 2001, le courtier
Enron avait volontairement provoqué
des coupures pour faire augmenter
les prix. Les tarifs avaient grimpé
de plus de 40 % pour les usagers.
Devant l’ampleur de la catastrophe,
l’État californien s’était réapproprié
le secteur.



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