À Clermont-Ferrand, le futur centre des métiers de l’industrie ouvrira en septembre 2019

lundi 22 octobre 2018

... Ou comment Michelin et le patronat mettent en œuvre la nouvelle loi sur la formation professionnelle et l’apprentissage avec l’Éducation nationale à leur service.

En direct de l’institutionnel

Le futur centre des métiers de l’industrie voulu par Michelin, baptisé « Hall 32 », nouveau nom du projet « Campus entreprises », doit ouvrir ses portes en septembre 2019 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Présenté en 2017, ce projet réunit des entreprises et des institutions autour d’un partenariat public-privé. Il est porté par l’association 2Arami (Association Auvergne-Rhône-Alpes des métiers de l’industrie) et rassemble Michelin, Limagrain, le pôle de compétitivité ViaMéca, Opcalia, le rectorat académique de Clermont-Ferrand, la Banque de France, avec le soutien de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du programme « Investissements d’avenir ».

L’objectif est de rassembler en un seul lieu, adossé au site Michelin de Cataroux à Clermont-Ferrand, l’information sur les métiers industriels, des formations initiales et continues, des espaces dédiés à l’innovation, et des ateliers collaboratifs.

Cet endroit sera « unique en France », car il doit « fournir les réponses aux problématiques majeures d’attractivité du monde industriel, et notamment à la pénurie de main-d’œuvre dans nos métiers » et « une nouvelle approche de la ». « Le maître mot est le décloisonnement qui doit permettre de réunir en un seul lieu tous les acteurs de l’écosystème industriel. »

Sur les 10 000 m2 du Hall 32, se croiseront dès septembre 2019, des entreprises, des élèves en formation initiale et des stagiaires de la formation continue, des salariés d’entreprises industrielles, des collégiens et lycéens en quête d’informations.

Un « pôle entreprises » accueillera des entreprises « dans le cadre de projets spécifiques ». Il mettra à leur disposition des salles projet, un design lab et un fab lab pour faciliter le « transfert des savoirs et la présentation de l’industrie 4.0 ».

Un espace Formation hébergera un plateau technique de 3 000 m2 « ouvert sur les salles de formation » et concentrant « l’ensemble des moyens techniques pédagogiques ainsi qu’une unité représentative de l’industrie 4.0 ». Les « apprenants » de tous cursus, en formation initiale ou continue, seront accueillis. « En marche courante », 300 étudiants en formation initiale et 1 800 adultes en formation continue. « Une nouvelle approche de la formation professionnelle » sera déployée dans ce campus, fondée sur l’individualisation des parcours et l’approche par blocs de compétences avec des formations coconstruites par les entreprises industrielles partenaires du projet et l’Éducation nationale.

En effet, le rectorat de Clermont-Ferrand a missionné un inspecteur de l’éducation nationale Sciences et Techniques industrielles pour mener une réflexion, « mutualiser les compétences » afin de proposer, dès la rentrée 2019, au sein du Hall 32, des formations certifiantes validées par des blocs de compétences. À terme, ces formations devraient être reprises dans l’offre de l’Éducation nationale.

Concrètement, des métiers ont été découpés en blocs de compétences, en prenant en compte les besoins des industriels et les attendus des certifications. Deux familles de métiers ont été ciblées :

  • une famille « électrotechnique et maintenance », débouchant sur des Bac professionnels Maintenance des équipements industriels (MEI) et Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés (Melec) ;
  • une famille « produit mécanique », débouchant sur des Bac professionnels Technicien d’usinage (TU) et Étude des produits industriels (EDPI).

Pour chaque famille ou entre les deux familles, ont été cherchées les complémentarités qui pourraient permettre de constituer un « tronc commun », pour la première année du cycle, « certains éléments de culture générale technique pouvant être partagés entre les parcours de formation ». « Par exemple, la maîtrise numérique pour la représentation de pièces mécaniques peut être partagée. »

La spécialisation viendrait au cours de la deuxième et de la troisième année, serait progressive et choisie en fonction des blocs déjà validés. « On peut imaginer qu’un élève en MEI valide aussi des blocs relevant des Melec, par exemple. […] Ces blocs pourront être utiles à son insertion professionnelle, mais pourraient aussi être valorisés plus tard dans le cadre d’une VAE. De cette manière, la formation initiale s’inscrit dans un vrai parcours de formation tout au long de la vie. »

Autre élément « innovant » : les apprenants auraient un statut scolaire pour la première année, puis d’apprentis pour les deux autres années. « Ce découpage permet d’acquérir en première année, une culture technologique et industrielle, par exemple sur les gestes métiers, que le maître d’apprentissage n’a pas forcément le temps de transmettre. »

Selon le Rectorat, la réflexion sur les blocs dans le cadre d’un projet multipartenarial comme Hall 32 a permis de « mutualiser les compétences » : « Les industriels ont des compétences techniques et des besoins, tandis que l’Éducation nationale a la possibilité d’amener les élèves à répondre aux besoins et à s’insérer dans le marché du travail. […] La convergence d’observations différentes a permis de construire des blocs intéressants. Le projet du Hall 32 a amené différents acteurs du monde économique à croiser leurs regards et s’enrichir mutuellement. »

Une « galerie des métiers », équipée de bornes d’information sur les métiers, est un lieu de rencontres pour l’orientation des jeunes en même temps qu’un espace de présentation des savoir-faire des entreprises locales.

Un « pôle événements » est prévu pour l’organisation de conférences et de séminaires, et « a pour vocation de devenir le lieu de valorisation des entreprises ».

(Source : AEF, presse locale…)



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