Des outils de cohésion : un baromètre et un rapport

jeudi 6 septembre 2018

En direct de l’institutionnel

Il aura été beaucoup question de "cohésion des territoires" en ce mois de juillet et il en sera de même au cours du second semestre à cause de la concomitance de deux agendas, le national et l’européen, avec la création d’une agence de la cohésion des territoires et la négociation sur l’avenir de la politique européenne de cohésion post-2020.
C’est pour se mettre à l’heure européenne qu’un ministère de la Cohésion des territoires a vu le jour en 2017.

S’il est tant question de cohésion, c’est bien que les fractures sont profondes. Le "risque que le territoire se désunisse" semble pris au sérieux par le Commissariat Général à l’Égalité des Territoires. "D’une certaine façon, les élites politiques et économiques sont coupables de ne pas s’être assez préoccupées de la montée des inégalités. (…) Comme pour le réchauffement climatique, j’ai peur que les politiques réagissent trop tard" prévient l’ancien chef économiste du FMI, Olivier Blanchard.

Deux outils ont été élaborés dans le cadre d’un diagnostic mené depuis la conférence de Cahors en décembre 2017 et "constituent des outils de partage de connaissance, d’aide à la décision et d’adaptation des politiques publiques aux différences territoriales".
Ce diagnostic partagé avec les associations d’élus devrait déboucher sur "une nouvelle feuille de route" pour la cohésion des territoires. Feuille de route qui se fait attendre chez les maires ruraux qui n’ont pas manqué de relever, lors de la dernière CNT, que pas une fois le mot "rural" n’avait été prononcé. Si le gouvernement clame haut et fort qu’il ne faut opposer personne, force est de constater que la communication sur la "politique des territoires", présentée en conseil des ministres, le 18 juillet, visait presque exclusivement les quartiers… Pour le moment, le gouvernement avance plutôt par petites touches avec quelques idées forces, notamment la volonté de renforcer les "pôles de centralité" que sont les villes moyennes qui bénéficient du plan Action cœur de ville.

Le "rapport sur la cohésion des territoires" est une déclinaison de celui publié par la Commission européenne en prélude à la négociation sur la politique de cohésion, tous les sept ans.
Il a deux objectifs : la mise à jour d’un état de lieux de la France et de ses territoires après une décennie de crise, et l’explicitation des facteurs de la cohésion des territoires.
Il montre tout d’abord une forme de déclassement des régions françaises puisque seules deux d’entre elles, l’Île-de-France et Rhône-Alpes figurent parmi les régions les plus riches d’Europe.
Désormais 20 régions (anciens périmètres) métropolitaines - contre 10 actuellement - et la Martinique bénéficieront de statut de "régions en transition", leur garantissant un bon niveau de subsides européens pour la programmation 2021-2027.
Travaillée par "les forces de la métropolisation", "rattrapée par les effets de la mondialisation", la France "sort profondément modifiée, d’une crise qui aura duré dix ans". Plutôt qu’une "opposition binaire" entre les métropoles dynamiques et une France périphérique à la traîne, ce sont quatre France, dont le risque principal est la dissociation, qui se distinguent : un "arc nord-est" qui cumule les fragilités sociales, économiques et démographiques ; un arc occidental et méridional dynamique ; des "franges littorales" à l’inverse portées par un dynamisme économique et démographique ; une Île-de-France qui, malgré une croissance solide, peine à attirer de nouveaux habitants ; des territoires ultramarins qui restent marqués par de "puissantes vulnérabilités". Autre enseignement : les difficultés sont diffuses à l’intérieur de chaque ensemble.
Ces caractéristiques sont issues de la conjugaison de cinq dynamiques qui se sont accentuées au cours de la dernière décennie : métropolisation accélérée, polarisation autour des principaux pôles urbains, trajectoires différenciées des ruralités, fragilisation de l’armature urbaine en villes petites et moyennes, transformation de la base productive.
Dans ses solutions, le CGET insiste sur la nécessité de "coopération entre les territoires"." Cet état des lieux, qui souligne les fragilités contemporaines des territoires, ne doit pas masquer leurs atouts et capacités de rebond, [qu’il convient d’activer]." la notion de cohésion des territoires invite à mettre au cœur des politiques ce qui tient les territoires ensemble, ce qui les rend fonctionnellement et politiquement solidaires.

Le baromètre comprend notamment des indicateurs de l’attractivité résidentielle et de la coopération entre les territoires.

Pour en savoir plus
"-" Rapport et baromètre de la cohésion des territoires

(Sources : Caisse des dépôts, AEF)



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